Statistiques annuelles du travail intérimaire

2025

Périodicité : Annuelle

Dernières mises à jour : 09/07/2026

Les statistiques sur l'emploi intérimaire ne renseignent pas seulement sur l'état du secteur de l'intérim. En effet, l'emploi intérimaire fournit du travail temporaire à d'autres secteurs, leur permettant ainsi de s'adapter rapidement aux changements des conditions économiques. Par conséquent, l'emploi intérimaire est également un bon indicateur de l'évolution (future) du marché du travail. Ainsi, une demande décroissante de travailleurs intérimaires est souvent un signe avant-coureur d'un ralentissement du marché du travail, tandis qu'une demande croissante indique une reprise de ce marché. Cependant, il n'était pas vraiment possible de déterminer dans quels secteurs la demande de travailleurs intérimaires augmentait ou diminuait. 

Depuis 2023, les entreprises de travail temporaire doivent indiquer l'utilisateur de chaque prestation intérimaire. La disponibilité de ces nouvelles données nous permet d'élargir considérablement nos statistiques sur le secteur de l'intérim.

Dans cette publication, nous présentons les données de 2025 que nous comparons à celles de l’année précédente. En plus des statistiques annuelles sur l’emploi intérimaire, nous publions également des statistiques trimestrielles

Les ouvriers masculins restent le pilier du travail intérimaire

Le travail intérimaire reste fortement concentré dans le statut ouvrier, qui représente de loin la plus grande part du volume de travail. En 2025, le volume de travail des ouvriers progresse légèrement par rapport à 2024, tandis que celui des employés recule nettement. Au sein du statut ouvrier, les hommes demeurent largement majoritaires et leur volume de travail continue d'augmenter. Dans le statut d’employé, la répartition entre les hommes et les femmes est plus équilibrée, mais le volume de travail diminue pour les deux groupes en 2025.

Pour une bonne compréhension: l’intérim normal versus l’intérim spécial

Pour bien comprendre cette analyse, il est important de distinguer le travail intérimaire normal (INTN) du travail intérimaire spécial (INTS). En effet, les entreprises peuvent également faire appel aux services d'agences d'intérim pour les formes particulières d'emploi telles que les flexi-jobs. 

Nos chiffres portent principalement sur l’INTN, qui constitue un indicateur de l’activité économique dans les secteurs concernés. Seuls le tableau présentant l’évolution globale du travail intérimaire (2015-2025) ainsi que les chiffres clés présentent les données relatives à l’INTN et à l’INTS séparément. Les autres statistiques se concentrent exclusivement sur l’INTN. L’INTS est en effet constitué, pour une très large part, de flexi-jobs réalisés via le secteur de l’intérim. Pour des statistiques détaillées sur les flexi-jobs, nous vous renvoyons à la page correspondante de notre site web.

Téléchargez ici les données brutes qui servent de base à nos statistiques. 

Évolution du travail intérimaire depuis 2015

Le premier graphique présente l'évolution du volume de travail, exprimé en équivalents temps plein (ETP), pour le travail intérimaire normal (INTN) et le travail intérimaire spécial (INTS).

Le graphique montre que le travail intérimaire normal diminue depuis 2022, tandis que le travail intérimaire spécial poursuit sa progression. Une baisse de la demande de travailleurs intérimaires constitue souvent un indicateur précoce d’un ralentissement du marché du travail.

La hausse du travail intérimaire spécial (INTS) s’explique principalement par le succès croissant des flexi‑jobs et par l’élargissement progressif des possibilités d’y recourir depuis 2016. Le secteur de l’intérim a su accompagner cette évolution en proposant des services RH adaptés aux flexi-jobs. Nos statistiques sur les flexi-jobs confirment d’ailleurs l’importance croissante du secteur de l'intérim. 

Les effets des confinements liés à la pandémie de Covid‑19, ainsi que la forte reprise qui a suivi, apparaissent également de manière nette sur le graphique.

 

Analyse du travail intérimaire pour l'année 2025 - Chiffres clés

Données de base

Les chiffres globaux montrent, pour 2025, une légère augmentation du nombre de travailleurs intérimaires (+1,6%), du volume de travail (+0,1%) et de la masse salariale (+3,2%) par rapport à la même période un an plus tôt. En revanche, le nombre de missions d'intérim diminue sur la période analysée (-0,4%).

Lorsque l’on analyse séparément l’intérim normal et l’intérim spécial, les tendances observées diffèrent nettement.

Dans le cadre de l’intérim normal, nous observons en 2025 une baisse du nombre de travailleurs intérimaires occupés (-2,8%), du nombre de missions d’intérim (-4,6%) ainsi que du volume de travail en ETP (-1,7%) par rapport à 2024. La masse salariale augmente toutefois de 1,6 % sur la période considérée. Ces chiffres indiquent un nouveau ralentissement du marché du travail.

En ce qui concerne l’intérim spécial, nous constatons une évolution inverse. On y observe une forte hausse du nombre de travailleurs intérimaires occupés (+18,2%), du nombre de missions d’intérim (+16,4%), du volume de travail en ETP (+22,4%) et de la masse salariale (+26,6%) sur la période analysée. La hausse de l'emploi dans le cadre des flexi-jobs entraîne manifestement une forte augmentation du nombre de flexi-jobs proposés par les agences d'intérim. 

Indicateurs dérivés

En 2025, le nombre moyen d’heures prestées par un intérimaire dans le cadre d'un travail intérimaire classique (INTN) s’est élevé à 439,3 heures, soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2024 (435,5 heures). Il en va logiquement de même pour le volume de travail moyen exprimé en ETP. En moyenne, un intérimaire atteint ainsi près d’un quart du volume de travail annuel d’un salarié à temps plein.

Le nombre moyen d’heures prestées par un intérimaire dans les formes particulières d’emploi (INTS) est nettement plus faible (139,1 heures), soit environ 7,5 % d’un emploi à temps plein. Il s’agit principalement de flexi-jobs exercés via des agences d’intérim. Ces prestations correspondent donc à une activité complémentaire réalisée par un travailleur en plus de son emploi principal, par l’intermédiaire d’une agence d’intérim. Le nombre moyen d’heures prestées dans le cadre des INTS a toutefois augmenté par rapport à 2024 (134,3 heures).

Globalement, le nombre moyen d’heures prestées par un intérimaire en 2025 (378,9 heures) est légèrement inférieur à celui observé en 2024 (385,5 heures), malgré la hausse enregistrée dans les deux sous-groupes (INTN et INTS). Cela s’explique par un effet de composition : la part du groupe INTS, dont les travailleurs prestent en moyenne peu d’heures, augmente, tandis que la part du groupe INTN, caractérisé par un nombre moyen d’heures nettement plus élevé par travailleur, diminue.

Dans la suite de l’analyse, nous nous concentrons exclusivement sur le travail intérimaire normal (INTN).

La répartition du volume de travail selon le statut et le sexe du travailleur intérimaire constitue un complément d’information pertinent aux chiffres clés présentés ci-dessus. Le graphique ci-dessous rassemble ces différentes informations.

 

La grande majorité des intérimaires travaillent sous le statut d’ouvrier, tant en 2024 qu’en 2025. Leur volume de travail progresse encore légèrement en 2025 par rapport à 2024 (+0,6 %), tandis que celui des employés recule de 6,2 % au cours de la période considérée. Cette situation s’explique notamment par la forte concentration des ouvriers dans les métiers de production, alors que les employés occupent davantage des fonctions de soutien et d’encadrement.

Le volume de travail des ouvriers est, en outre, dominé par les travailleurs intérimaires masculins. En 2025, celui-ci poursuit sa légère progression par rapport à l’année précédente, tandis que le volume de travail des ouvrières enregistre un léger recul. Chez les employés, la répartition entre les hommes et les femmes est plus équilibrée. Néanmoins, les deux groupes connaissent une diminution de leur volume de travail en 2025 par rapport à 2024.

 

Le profil de l'intérimaire

Qui se cache derrière ces chiffres? S’agit-il principalement d’hommes ou de femmes, de jeunes ou de personnes plus âgées? Combien d’heures prestent-ils chaque année en tant qu'intérimaires? 

Pour répondre à ces questions, nous dressons le profil des travailleurs intérimaires. L’analyse porte sur le nombre de travailleurs intérimaires occupés. Nous examinons successivement leur répartition selon le sexe et la tranche d’âge, les classes d’heures prestées, le nombre d'agences d’intérim pour lesquelles ils travaillent, le nombre d’entreprises utilisatrices ainsi que leur lieu de résidence.

Répartition par âge et sexe

Le graphique ci-dessus montre le nombre de travailleurs intérimaires occupés par âge et par sexe. Il met en évidence que les jeunes de 20 à 24 ans constituent le groupe le plus important, mais aussi que les 25 à 29 ans et les 30 à 34 ans sont bien représentés dans la population des intérimaires, tant en 2025 qu’en 2024.

Le graphique montre également que, dans toutes les tranches d’âge, davantage d’hommes que de femmes occupent un emploi intérimaire sur la période analysée.

Combien d’heures les travailleurs intérimaires prestent-ils annuellement dans le cadre de l’intérim ?

Les différents graphiques présentés ci‑dessous permettent d’avoir une vue d’ensemble du nombre d’heures prestées par un travailleur intérimaire sur une base annuelle.

Le graphique ci-dessus présente la répartition du nombre de travailleurs intérimaires selon le nombre d’heures prestées par an, regroupées en classes horaires. Il met en évidence que la grande majorité des travailleurs intérimaires prestent un nombre relativement limité d'heures en mission d'intérim. Ainsi, en 2025, plus de 111.000 travailleurs ont presté moins de 80 heures en mission d'intérim, ce qui correspond approximativement à deux semaines de travail à temps plein. Les autres classes horaires inférieures à 240 heures comptent également un nombre relativement élevé de travailleurs intérimaires. À l’autre extrémité du spectre, on observe qu’en 2025, 76.389 travailleurs ont presté 800 heures ou plus en mission d'intérim. Cela signifie que, 79% des travailleurs intérimaires ont presté moins de 800 heures en 2025. Des proportions similaires avaient déjà été constatées en 2024.

Le graphique ci-dessous présente la répartition des travailleurs intérimaires selon le sexe et les classes horaires. Comme mentionné précédemment, les hommes sont plus nombreux que les femmes parmi les travailleurs intérimaires. Il n’est donc pas surprenant que les hommes soient surreprésentés dans chacune des classes horaires par rapport à leurs homologues féminins. Le graphique montre en outre que, sur une base annuelle, les hommes prestent généralement davantage d’heures en intérim que les femmes. En 2025, seulement 26,4% des hommes intérimaires ont presté moins de 80 heures, contre 37,7% des femmes. À l’inverse, 23,6% des hommes ont presté 800 heures ou plus, contre seulement 15,6% des femmes. Par rapport à 2024, la proportion d’hommes ayant presté moins de 80 heures diminue légèrement en 2025 (-0,2 point de pourcentage). À l’inverse, la proportion de femmes dans cette catégorie augmente de 1,1 point de pourcentage. Enfin, parmi les travailleurs intérimaires ayant presté 800 heures ou plus, la part d’hommes augmente de 0,5 point de pourcentage en 2025 par rapport à 2024. La part de femmes diminue quant à elle légèrement (-0,3 point de pourcentage).

Les graphiques supplémentaires ci-dessous approfondissent l'analyse du temps que les travailleurs intérimaires consacrent annuellement au secteur de l’intérim. Une remarque importante s’impose toutefois pour interpréter correctement ces graphiques. Nous utilisons plusieurs petits diagrammes en barres côte à côte mais, afin de préserver leur lisibilité, chacun de ces diagrammes possède sa propre échelle. Il n’est donc pas possible de comparer directement la hauteur des barres d’un graphique à celle d’un autre (qu’il soit situé à côté, au-dessus ou en dessous) sans tenir compte de l’échelle et des valeurs absolues. Ces données sont néanmoins clairement indiquées dans les graphiques, de manière à éviter toute erreur d’interprétation.

 

Le graphique ci-dessous intègre également la répartition selon le sexe, ce qui permet de comparer les travailleuses et les travailleurs intérimaires au sein des différentes classes horaires.

 

Les travailleurs ont-ils été actifs en tant qu’intérimaires pendant un ou plusieurs trimestres?

Le graphique ci-dessus montre que la majorité des travailleurs intérimaires n'ont travaillé qu'un seul trimestre en mission d'intérim, tant chez les hommes que chez les femmes, et ce, pour les deux années examinées. On observe toutefois que la proportion de femmes ayant travaillé un seul trimestre est plus élevée que celle des hommes. À l’inverse, parmi les travailleurs ayant été actifs durant les quatre trimestres, la part des hommes intérimaires est supérieure à celle des femmes. En 2025, 19% des hommes intérimaires ont travaillé pendant les quatre trimestres dans le secteur de l’intérim, un chiffre légèrement supérieur à celui de 2024 (18 %). Le nombre de travailleuses intérimaires ayant été occupées pendant quatre trimestres reste quant à lui inchangé entre 2024 et 2025. 

Il convient néanmoins de souligner que ce graphique ne fournit aucune information sur le nombre d’heures prestées par les intérimaires au cours de ces trimestres. Il n’est donc pas nécessairement vrai que les personnes ayant travaillé durant quatre trimestres aient exercé un emploi intérimaire à temps plein.

 

Pour combien d’agences d’intérim différentes les travailleurs intérimaires travaillent-ils au cours de l’année?

Le graphique ci-dessus montre clairement que la majorité des travailleurs intérimaires, hommes comme femmes, sont employés par une seule agence d’intérim. En 2025, c’était le cas pour 72,3% des travailleurs intérimaires et 79,3% des travailleuses intérimaires. Il s’agit d’une baisse par rapport à 2024, où ces proportions s’élevaient respectivement à 75 % pour les hommes et à 82,6 % pour les femmes.

Le graphique ci-dessous confirme également que cette tendance, à savoir que la plupart des travailleurs intérimaires sont employés par une seule agence d'intérim, se vérifie dans toutes les catégories d’âge pour chacune des années analysées.

 

 

Pour combien d’entreprises utilisatrices différentes les travailleurs intérimaires travaillent-ils au cours de l’année?

Lorsque nous déplaçons notre analyse des agences d’intérim (qui mettent les travailleurs intérimaires à disposition) vers les entreprises où ces travailleurs sont effectivement occupés, c’est‑à‑dire les utilisateurs d'intérimaires, nous constatons que la majorité des intérimaires, hommes comme femmes, sont actifs auprès d’un seul utilisateur.

Le graphique ci-dessous montre qu’en 2025, cette situation concerne 69 % des travailleurs intérimaires et 75,6 % des travailleuses intérimaires. En 2024, ces proportions s’élevaient respectivement à 68,2 % pour les hommes et à 74,6 % pour les femmes.

 

Le graphique ci-dessous montre que, si la majorité des travailleurs intérimaires n’exercent leur activité que pour un seul utilisateur, ce sont surtout les jeunes intérimaires qui travaillent pour plusieurs utilisateurs, et ce tout au long des années examinées.

 

 

Répartition selon la région de résidence

En raison des fusions de communes entrées en vigueur le 01/01/2025, certaines limites d’arrondissements et de provinces ont également été redéfinies. Les données relatives à 2025 et aux années suivantes sont publiées sur la base des nouveaux codes communaux et selon la répartition correspondante en arrondissements et provinces. Afin de permettre une comparaison cohérente avec les données de l’année précédente, nous appliquons également aux données de 2024 ces nouveaux codes communaux et cette répartition par arrondissement, province et région. Nous créons ainsi une situation fictive dans laquelle les nouvelles fusions communales étaient déjà effectives en 2024.
Par ailleurs, la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS) a rencontré, jusqu’à la fin de l'année 2024, des difficultés dans la mise à jour des données relatives au lieu de résidence, ce qui a eu des répercussions sur nos statistiques. Ces inexactitudes ont entre-temps été corrigées pour les données de 2023 et 2024. Le graphique ci-dessous, relatif à l'année 2024, repose donc sur les données corrigées concernant le lieu de résidence, ce qui peut entraîner des écarts par rapport aux répartitions selon le lieu de résidence publiées antérieurement pour ce trimestre. Dans les données brutes, vous trouverez à la fois les données corrigées et celles qui avaient été publiées précédemment sur la base des informations erronées de la BCSS. Pour plus de détails, nous vous renvoyons à la rubrique « Points d’attention importants pour les séries chronologiques à partir de 2025 » disponible sur la page d’accueil de la Direction des statistiques.
 

Le graphique ci-dessus présente la part des travailleurs intérimaires, selon leur région de résidence, par rapport au nombre moyen des travailleurs salariés par région sur les quatre trimestres de l'année concernée. Le graphique montre qu’il y a peu de variation entre les différentes régions. Un pourcentage plus élevé ou plus faible peut indiquer qu’il y a plus ou moins de travailleurs intérimaires actifs (le numérateur) ou être le résultat du fait qu’une région compte relativement moins ou davantage de travailleurs salariés (le dénominateur).

En 2025, la Région flamande affiche la proportion la plus élevée de travailleurs intérimaires par rapport au nombre total de travailleurs salariés, avec 8,06 %. La Région wallonne présente un résultat très proche, avec 7,94 %. La Région de Bruxelles-Capitale enregistre quant à elle la proportion la plus faible, soit 7,33 %. En 2024 également, les écarts entre les régions étaient relativement modestes. Il convient toutefois de souligner que ce graphique ne fournit aucune information sur le lieu où la mission intérimaire est effectuée.

 

Analyse du travail intérimaire de l'année 2025 par rapport à 2024 par branche d'activité

De 2018 à fin 2024, la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS) a rencontré des difficultés à maintenir à jour les données relatives au lieu de résidence, ce qui a eu des répercussions sur nos statistiques. À partir de 2025, nous disposons de données correctes concernant le lieu de résidence et les inexactitudes ont entre-temps été corrigées pour les données de 2023 et 2024. Dans les données brutes, vous trouverez donc, pour les années 2023 et 2024, les données corrigées de lieu de résidence qui peuvent différer des répartitions par lieu de résidence publiées précédemment. C’est pourquoi, vous y trouverez à la fois les données corrigées et les données que nous avions publiées par le passé sur la base des informations inexactes fournies par la BCSS. 

Quels employeurs font appel au travail intérimaire?

En 2025, 49.134 entreprises ont fait appel à des travailleurs intérimaires, pour un total de 564.916 missions intérimaires. Il s’agit d’une légère diminution par rapport à 2024, où 50.811 entreprises avaient eu recours à des travailleurs intérimaires et où un total de 592.173 missions d’intérim avaient été réalisées. Ci-dessous, nous examinons ces chiffres plus en détail en comparant la situation de 2025 à celle de 2024. 

Un premier graphique montre la répartition de ces 49.134 utilisateurs selon les différents branches d'activité.

Dans ce qui suit, nous examinons plus en détail le nombre de travailleurs intérimaires, le nombre de missions intérimaires et leur volume de travail exprimé en ETP. Nous distinguons ici les branches d'activité ayant employé plus de 20.000 intérimaires en 2025 - les "Big Five" - de celles qui n'atteignent pas (encore) ces chiffres. Ces cinq secteurs représentent plus de trois quarts des missions intérimaires et 4/5ème du volume de travail effectué par les intérimaires.

Le premier graphique présente la part des "Big Five" et de la catégorie "Autres", tant pour le nombre de travailleurs intérimaires que pour le nombre de missions intérimaires et le volume de travail en ETP.

Le graphique met clairement en évidence la prédominance de l’industrie et du commerce. En 2025, près d’un intérimaire sur quatre travaille dans l’industrie manufacturière, tandis que plus d’un intérimaire sur cinq est actif dans le commerce. Le transport et la logistique sont également d'importants secteurs utilisateurs de travailleurs intérimaires. Des proportions similaires sont observées en 2024.

Les graphiques ci-dessous comparent, pour chaque branche d'activité, le nombre de missions d'intérim, le nombre de travailleurs intérimaires occupés et le volume de travail exprimé en ETP en 2025 à ceux observés un an plus tôt.

 

Pour les "Big Five", représentés dans le graphique ci‑dessus, on observe en 2025 une diminution du nombre de travailleurs intérimaires occupés ainsi que du nombre de missions d’intérim dans chacune des cinq branches d’activité, par rapport à l’année précédente. En revanche, le volume de travail n’enregistre une baisse que dans trois des cinq branches : le commerce de gros et de détail, les services administratifs et de soutien et l’horeca. Dans l’industrie manufacturière et dans le secteur du transport et de l’entreposage, le volume de travail augmente légèrement en 2025, de 0,4 % et 0,3 % respectivement.

 

Le graphique représentant les branches d’activité qui ne font pas partie des "Big Five" met en évidence à la fois des hausses et des baisses. Ainsi, l’emploi intérimaire diminue en 2025, par rapport à l’année précédente, dans les secteurs suivants : construction, activités de santé humaine et d’action sociale, distribution d’eau et gestion des déchets, autres activités de services, activités d’édition, administration publique, enseignement, télécommunications et programmation informatique, activités financières, production et distribution d’électricité et de gaz, ainsi que activités immobilières. Cette baisse concerne à la fois le nombre de travailleurs intérimaires occupés, le nombre de missions d’intérim et le volume de travail exprimé en ETP. Dans les organisations internationales, le nombre de travailleurs intérimaires reste stable par rapport à 2024, tandis que le nombre de missions d’intérim et le volume de travail diminuent.

La période observée présente également des hausses. Le nombre de travailleurs intérimaires occupés, le nombre de missions d’intérim et le volume de travail augmentent dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, dans les arts, sports et activités récréatives, dans l'agriculture, sylviculture et pêche, ainsi que dans les industries extractives. 

Intensité du travail intérimaire

Dans le graphique ci‑dessus, nous ne considérons pas la classe dimensionnelle habituelle, qui classe les entreprises utilisant des travailleurs intérimaires en fonction de leur personnel permanent. Nous utilisons plutôt des classes basées sur le nombre de travailleurs intérimaires employés, c’est‑à‑dire des classes dimensionnelles spécifiques aux intérimaires, permettant d’évaluer dans quelle mesure les employeurs recourent à l’emploi intérimaire.

Le graphique montre que seuls 0,06 % de ces employeurs ont occupé 1.000 travailleurs intérimaires ou plus en 2025. Ces entreprises représentent 10,2 % de l’ensemble des missions d’intérim. Un an plus tôt, les proportions étaient similaires. À l’inverse, la majorité des entreprises ayant recours à des intérimaires (70,6 %) emploient moins de cinq travailleurs intérimaires en 2025 ; elles représentent 10,3 % du nombre total de missions d’intérim. Là encore, les proportions observées en 2024 sont très proches. Les entreprises occupant 1.000 intérimaires ou plus se situent principalement dans le secteur logistique.

Les graphiques ci‑dessous analysent plus en détail le volume de travail presté par des intérimaires dans les différentes branches d’activité.

 

Le graphique ci‑dessus illustre la part que représente le travail intérimaire dans le volume de travail total (en ETP) au sein de chaque branche d’activité. Dans de nombreux secteurs, cette part diminue légèrement en 2025 par rapport à la situation observée un an plus tôt. Une hausse est toutefois visible dans les industries extractives, l’industrie manufacturière, le transport et l’entreposage, ainsi que dans les activités artistiques, sportives et récréatives, même si cette augmentation reste relativement limitée. Le commerce de gros et de détail et les administrations publiques affichent quant à eux un statu quo.

Les chiffres montrent également que l’emploi intérimaire ne représente qu’une part limitée du volume de travail dans la plupart des branches d’activité. Certains secteurs présentent des niveaux plus élevés, comme l’industrie, la gestion des déchets ou encore le transport et l’entreposage, mais, même dans ces cas, la part de l’intérim dans le volume total de travail demeure relativement restreinte. Les organisations et organismes extraterritoriaux semblent constituer une exception, mais cela nécessite une mise en garde importante. En effet, la majorité de l’emploi régulier dans ce secteur ne relève pas de la sécurité sociale belge : cela concerne notamment le personnel des institutions de l’Union européenne, de l’OTAN ou encore celui des ambassades étrangères. Ces travailleurs ne sont généralement pas comptabilisés dans l’emploi intérieur belge dans la plupart des statistiques du marché du travail. En revanche, lorsque ces institutions internationales font appel à des intérimaires, ceux‑ci relèvent de la sécurité sociale belge et sont donc repris dans l’emploi intérieur. Le volume total de travail figurant dans nos données constitue dès lors une sous‑estimation importante du volume réel de travail dans ce secteur, ce qui explique la part relativement élevée représentée par l’emploi intérimaire.

Dans le graphique ci‑dessous, nous examinons le volume de travail moyen en ETP par mission d’intérim, selon la branche d’activité de l’entreprise utilisatrice. Les chiffres indiquent que l’intérim constitue plutôt une forme d’emploi occasionnelle pour la plupart des travailleurs dans les différentes branches d’activité. Ils suggèrent que la majorité des intérimaires travaillent pour une période relativement courte, ce qui peut s’expliquer par une transition entre deux emplois fixes, une première expérience professionnelle ou d’autres situations similaires.

 

 

Évolution de la population des travailleurs intérimaires par branche d'activité

Évolution des travailleurs intérimaires par branche d'activité et par sexe

Le tableau ci‑dessus présente la répartition du nombre de travailleurs intérimaires occupés par sexe dans les différentes branches d’activité pour l’année 2025, et compare ces chiffres à ceux de 2024.

À l’exception des activités scientifiques, des activités artistiques, sportives et récréatives, de l’agriculture, sylviculture et pêche, et des industries extractives, l’ensemble des autres secteurs d’activité enregistrent une baisse du nombre de travailleurs intérimaires en 2025 par rapport à 2024.

L’analyse par sexe révèle toutefois certaines différences. Dans l’industrie manufacturière, le nombre de travailleurs intérimaires masculins augmente légèrement malgré la diminution globale du nombre d’intérimaires. À l’inverse, dans les activités scientifiques ainsi que dans l’agriculture, sylviculture et pêche, le nombre de travailleuses intérimaires diminue, alors que le nombre total de travailleurs intérimaires progresse.

Évolution des travailleurs intérimaires par branche d’activité et classe d’âge

Le tableau ci‑dessous présente la répartition du nombre de travailleurs intérimaires par classe d’âge dans les différentes branches d’activité pour l’année 2025, ainsi que pour 2024, afin de permettre une comparaison entre les deux années.

Pour garantir la protection des données personnelles, nous utilisons ici des classes d’âge plus larges que dans le graphique « travailleurs intérimaires par âge et sexe ». En effet, nous croisons les classes d’âge avec les secteurs d’activité, ce qui réduit la taille des populations observées dans chaque classe d’âge.

La catégorie « inconnu » pour les branches d’activité regroupe les travailleurs intérimaires employés par un utilisateur dont le code NACE n’est pas disponible. Il est donc impossible de déterminer la branche d’activité de ces employeurs.

 

Explication de la méthodologie utilisée

Nous expliquons ici la méthodologie spécifique que nous avons utilisée pour les statistiques sur le travail intérimaire. Nous discutons successivement de la méthode de comptage spécifique, des variables, des caractéristiques propres à l'employeur et des caractéristiques propres au travailleur. 

La méthode de comptage spécifique

Certaines formes particulières d'emploi, telles que le travail intérimaire mais aussi les flexi-jobs, le travail occasionnel et les extras dans l'horeca, sont reconnaissables en tant que telles dans la déclaration trimestrielle. Ces cas spécifiques nécessitent une méthode de comptage adaptée. Nous abandonnons donc le comptage classique à la fin du trimestre et effectuons un comptage tout au long du trimestre.

En ce qui concerne spécifiquement le travail intérimaire, nous pouvons aller au-delà du lien typique entre le travailleur et l'employeur car il n'est pas très informatif. L'employeur d'un intérimaire est en effet l'agence d'intérim. Cependant, nous disposons depuis 2024 de données qui nous permettent de fournir des informations sur les utilisateurs de ce travail intérimaire. Cela nous permet de compter, par secteur d'activité, combien de personnes exercent un emploi intérimaire et chez combien d'utilisateurs différents un intérimaire travaille au cours du trimestre ou, dans le cas des statistiques annuelles, au cours de l'année.

 

Deux catégories : Travail intérimaire classique et Formes particulières d'emploi via les agences d'intérim

Par travail intérimaire, nous entendons la mise à disposition de personnel par des agences d'intérim agréées aux entreprises utilisatrices.

Le personnel propre des agences d'intérim n'est donc pas inclus et d'autres formes de mise à disposition de personnel ne font pas partie de ces statistiques. Les travailleurs sous titres-services ne sont pas non plus inclus, même s'ils sont employés par des entreprises également agréées en tant qu'agences d'intérim.

Les jobs étudiants sont également exclus du champ de ces statistiques. Pour des statistiques pertinentes sur l'emploi avec un contrat étudiant, nous vous renvoyons aux pages correspondantes de notre site web. Vous y trouverez des statistiques trimestrielles et annuelles.

Nous distinguons en outre le travail intérimaire classique (INTN) et les formes particulières d'emploi via les agences d'intérim (INTS). Comme il apparaîtra ci-dessous, nous faisons la distinction en fonction des catégories de travailleurs.

Travail intérimaire classique (INTN)

Par "travail intérimaire classique", nous entendons toutes les formes d'emploi qui ne relèvent pas des "formes particulières d'emploi via les agences d'intérim".

 

Formes particulières d'emploi via les agences d'intérim (INTS)

La catégorie "formes particulières d'emploi via les agences d'intérim" comprend les artistes, les flexi-jobs et les travailleurs occasionnels dans l'agriculture, l'horticulture et l'horeca.

 

Les variables

Sur les travailleurs intérimaires, les emplois intérimaires et les missions intérimaires

Le nombre de travailleurs intérimaires

Le premier comptage concerne le nombre de personnes ayant travaillé comme intérimaires pendant une période (trimestre, année), quel que soit le nombre d'agences d'intérim et le nombre d'utilisateurs pour lesquels elles ont travaillé. Cependant, le travail intérimaire classique (INTN) et les formes particulières d'emploi (INTS) sont comptés séparément. Une personne ayant travaillé sous les deux types de contrats est donc comptée deux fois, ce qui empêche de sommer les catégories INTN et INTS pour connaître le nombre total de personnes uniques ayant travaillé comme intérimaires sur une base annuelle ou trimestrielle. Lorsque nous rapportons le nombre total de travailleurs intérimaires uniques dans nos statistiques, nous tenons compte de ces doubles comptages.

Emplois intérimaires

Le nombre d'emplois intérimaires correspond à la combinaison agence d'intérim-travailleur. Ce comptage est conforme au comptage classique des postes de travail, à la différence près que le comptage ne se fait pas à la fin du trimestre mais inclut également les intérimaires qui n'étaient plus en poste à la fin du trimestre. Un comptage est également effectué sur une base annuelle. Si une personne a travaillé pour une agence d'intérim pendant un trimestre, cela compte pour 1 emploi intérimaire. Si cette personne a travaillé chaque trimestre pour la même agence d'intérim sur une base annuelle, cela compte également pour 1 emploi intérimaire.

Missions intérimaires

Un intérimaire a généralement plusieurs contrats/relations de travail de courte durée pendant une période (trimestre, année). Il/elle peut être employé(e) pendant plusieurs périodes, consécutives ou non, pour un ou plusieurs utilisateurs. Les relations de travail avec un même utilisateur pendant une même période sont regroupées en une seule notion : la mission intérimaire. Une mission intérimaire est composée de la combinaison agence d'intérim, utilisateur et travailleur. Nous tenons également compte du type d'emploi intérimaire. Si le même travailleur a travaillé pour la même agence d'intérim et pour le même utilisateur dans deux types différents, par exemple intérim classique (INTN) et flexi (INTS), cela comptera ici pour 2 missions.

 

Le volume de travail en équivalents temps plein (ETP)

Les variables ci-dessus donnent une image du nombre de travailleurs et d'utilisateurs concernés mais le volume de travail intérimaire pendant une période est encore plus pertinent en tant que paramètre économique. Les prestations de tous les intérimaires doivent être déclarées en heures. Cependant, ces heures peuvent être effectuées chez un utilisateur où une semaine de travail de 36 heures est en vigueur, ou chez un utilisateur où l'on travaille 38 heures par semaine. C'est pourquoi les heures de l'intérimaire sont converties en volume d'un travailleur à temps plein qui aurait travaillé chez le même utilisateur pendant une période complète : l'équivalent temps plein (qui est également utilisé dans nos autres publications statistiques, ce qui nous permet également de proposer une série chronologique plus longue pour cette variable).

Pour les statistiques annuelles, nous rapportons le volume de travail en ETP sur une base annuelle. Cela signifie que nous comparons le volume de travail du salarié sur les quatre trimestres avec les prestations d’un travailleur à temps plein sur une année complète. En pratique, cela revient donc à calculer le volume de travail moyen en ETP sur les quatre trimestres. Ainsi, une personne qui travaille à 1 ETP au premier et au deuxième trimestre, mais ne travaille pas aux troisième et quatrième trimestres, représente 0,5 ETP pour l’année concernée.

 

Caractéristiques propres à l'utilisateur des travailleurs intérimaires

Dans le passé, nous ne disposions que d'informations sur l'employeur de l'intérimaire, qui est par définition l'entreprise de travail intérimaire. Ces informations étaient donc peu informatives car nous ne pouvions pas en déduire dans quel type d'entreprises ces intérimaires étaient employés. Cependant, nous disposons depuis 2024 de données qui nous permettent de déterminer chez quels utilisateurs les intérimaires sont employés.

La caractéristique principale de l'entreprise utilisatrice est l'activité économique (code NACE). Pour les utilisateurs connus de l'ONSS en tant qu'employeurs (ou anciens employeurs), le code NACE attribué par l'ONSS est utilisé. Pour ces entreprises, les intérimaires travaillent donc dans le même secteur d'activité que le personnel propre de l'entreprise. Pour les entreprises sans personnel propre, les codes d'activité disponibles dans la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) sont utilisés. Pour un petit groupe résiduel d'utilisateurs, aucune donnée n'est disponible dans la BCE. Ceux-ci sont classés sous "NACE inconnu".

Les données nous permettent également de représenter la mesure dans laquelle l'entreprise utilise des intérimaires. Pour cela, nous utilisons des classes de dimension spécifiques pour les intérimaires indiquant si les utilisateurs emploient peu ou beaucoup d'intérimaires.

 

Caractéristiques propres au travailleur

Les caractéristiques du travailleur sont principalement les mêmes que celles utilisées dans nos autres statistiques : âge, sexe et lieu de résidence.